Le symbole est cruel. Quatre jours avant l’ouverture de la COP30 à Belém (Brésil), le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a confirmé l’échec des engagements climatiques formulés par la COP21 de Paris il y a dix ans. « Nous avons échoué », a-t-il déclaré lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernements prévu avant l’événement.

Un contexte de « backlash » écologique

Loin de la limite maximale fixée à 1,5 °C en 2015, la hausse moyenne des températures mondiales est attendue entre 2,3 °C et 2,5 °C d’ici 2100, selon les Nations unies. Les dix dernières années sont classées comme les plus chaudes depuis le début des relevés par l’Organisation météorologique mondiale, et 2025 devrait se placer en 2ᵉ ou 3ᵉ position sur le podium.

Pour ralentir cette course folle, la 30e conférence des parties sur les changements climatiques (abrégée en COP30) devra donc être celle « de la vérité », a souhaité le président brésilien Lula. Il faudra toutefois que les pays participants surmontent une nouvelle fois leurs divisions et prennent consciences de l’urgence climatique absolue. Mais seuls une trentaine de dirigeants, dont Emmanuel Macron, ont fait le déplacement à Belém dans un contexte de remise en question des mesures écologiques et de négationnisme climatique de Washington à Moscou.

Des tensions sur les énergies fossiles et l’aide financière des pays riches

Après deux semaines de négociations, marquées par plusieurs actions militantes des populations locales et autochtones de l’Amazonie, la COP30 a entamé, le 21 novembre, le dernier jour des discussions, sans certitudes d’aboutir à un consensus international. Le matin même, une trentaine de pays, dont la France, rejetaient la seconde version d’un brouillon pour un accord : « Nous ne pouvons soutenir un résultat qui ne comprend pas de feuille de route [...] vers l’abandon des combustibles fossiles », ont justifié ces pays dans une lettre. Paris refuse également de signer une autre déclaration sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

La conférence sur le climat a finalement dû s’accorder plus de temps pour y parvenir, qui plus est après qu’un incendie dans la zone des négociations a suspendu les échanges l’après-midi du 20 novembre.

Un accord sur le fil et jugé incomplet

Le soir du samedi 22 novembre, le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a finalement annoncé la fin des négociations et la signature d’un accord par les 194 Parties de la COP30... Aussitôt contesté. Démocratiquement, d’abord : après une première clôture des débats, les représentants de la Colombie, du Panama, de la Suisse et de l’Union européenne se sont plaints de ne pas avoir approuvé ce texte. Après un mea culpa du président (« Comme beaucoup d’entre vous, je n’ai pas dormi et cela n’a probablement pas aidé, tout comme mon âge avancé », cite Reporterre), de nouvelles discussions à huis clos n’ont finalement pas changé les termes du consensus.

L’accord peine aussi à offrir des réponses concrètes sur deux points précis de la lutte contre le réchauffement climatique. Malgré les demandes de nombreux de pays, il n’est pas précisé ni de calendrier pour une sortie progressive des énergies fossiles (responsable de 80 % des émissions de gaz à effets de serre), ni de feuille de route pour l’arrêt de la déforestation.

Seule avancée majeure obtenue : un appel aux pays développés à tripler le financement de l’adaptation au changement climatique en faveur des pays du Sud d’ici à 2035. Mais la date limite pour le versement de ces fonds a été retardée de cinq ans par rapport aux brouillons de l’accord, notamment sous la pression de la France.