Quatre murs entourés d’échafaudages. Du haut de ce carré ouvert sortent une main et le bout d’une couronne. On voit dépasser le flambeau de la statue de la Liberté. « Toujours en construction », titre le journal allemand Taz, au-dessus de ce dessin de presse.
Car l’idéal de liberté et de démocratie étasunien est un chantier constant depuis la déclaration d’indépendance du pays, il y a 250 ans. « La démocratie américaine n’est plus que l’ombre d’elle-même ; on ne peut que craindre et espérer qu’au moins ses principes fondamentaux survivront aux attaques incessantes de l’administration Trump », commente le journaliste allemand Sebastian Moll.
Instrumentalisation de Trump pour conserver le Congrès
Cette célébration « teintée de propagande MAGA [du slogan trumpien Make America Great Again, ndlr] », des mots d’el Diario, a été instrumentalisée par Donald Trump pour promouvoir ses positions extrémistes. Le 4 juillet, date anniversaire de l’indépendance étasunienne, Donald Trump a prononcé un discours au Mont Rushmore, où sont sculptés dans la pierre les visages des pères fondateurs des États-Unis.
« Le communisme est une menace mortelle pour la liberté américaine, a-t-il déclaré, cité par Agência Pública. C’est la plus grande menace pour notre pays, surpassant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, Pearl Harbor, voire même le 11-Septembre. » Le président a fait de l’anniversaire des 250 ans du pays « une croisade anticommuniste », avance le média brésilien.
Alors que la popularité de Trump est au plus bas à quelques mois des élections de mi-mandat, en novembre, « au lieu de promouvoir une célébration nationale unifiée et non partisane qui aurait exalté les progrès démocratiques du pays au cours des deux siècles et demi écoulés, continue Agência Pública, l’événement du 4 juillet s’est transformé en un rassemblement politique visant à promouvoir le plan de Trump pour maintenir son contrôle du Congrès en exploitant l’anticommunisme » et « l’hystérie anti-immigration ».
Le pays doit faire face à son histoire
250 ans après son indépendance, le pays a aussi du mal à faire face à son histoire. « L’Amérique n’arrive toujours pas à se confronter au passif de l’esclavage », écrit Mother Jones, pointant des États-Unis qui n’ont toujours pas construit un récit honnête de cette période.
« Les États-Unis continuent de se poser les mêmes questions sur l’immigration, la citoyenneté et le sentiment d’appartenance », affirme le média new-yorkais Documented, qui revient sur ces siècles de politiques migratoires « restrictives et racistes ».
Le média des travailleurs et travailleuses Labor Notes choisit, quant à lui, de mettre en lumière les luttes de l’histoire du pays : « À l’occasion de ce 250e anniversaire, célébrons notre tradition des outsiders : ces révolutionnaires qui ont renversé un roi et instauré la première démocratie moderne, fondée sur le principe selon lequel tous les hommes sont nés égaux. »
« C’est un grand principe – même si, dans la pratique, le nouveau pays était loin de le respecter pleinement. Pour que ce principe devienne une réalité, il a fallu que, génération après génération, des outsiders mènent le combat. » Un appel clair à continuer de lutter face aux forces réactionnaires, pour que le rêve d’un pays libre et démocratique ne s’éloigne pas davantage.
