Trente ans après son premier appel, dans lequel elle enjoignait les « grands médias » a revoir leur traitement de l’actualité, l’association Action Critique Médias (Acrimed), née le 29 mars 1996, publiait le 20 avril 2026 une tribune signée par de nombreuses personnalités de gauche, de la sociologue Monique Pinçon-Charlot à l’économiste Frédéric Lordon, en passant par l’écrivaine Annie Ernaux ou encore la journaliste Victoire Tuaillon.
Le message : il y a une « urgence démocratique » à transformer les médias dominants qui sont « dirigés et verrouillés par des chefferies sociologiquement solidaires des intérêts des classes dirigeantes, [et] sont à cet égard des acteurs de l’asphyxie du débat public, renforcée par la normalisation de l’extrême droite et la diabolisation des mouvements d’émancipation ».
Trente ans de critique média sans résultat ?
1996-2026 : le fond du propos ne change pas. Les errements déontologiques des journaux et chaînes à forte audience sont documentés depuis des décennies par des universitaires et des journalistes expertes des médias, dont celleux d’Acrimed ou d’Arrêt sur images (depuis 1995). Cette analyse est également à l’origine de la création du premier Portail des médias libres de Basta ! en 2016.
Alors, tout ça pour rien ? Pas tout à fait. Car, pour Acrimed, cet anniversaire représente aussi l’occasion de se réjouir d’une victoire : « La question médiatique est, aujourd’hui, devenue un enjeu politique incontournable au sein des mouvements d’émancipation. » À rebours du fatalisme, la rédaction trentenaire appelle à soutenir les médias indépendants pour poursuivre ce combat.
