Économie et social

« 400 euros pour 9 m² sans bail » : à Grigny 2, le scandale des marchands de sommeil

Résumé écrit le

Des cafards dans la cuisine, de la moisissure sur les murs, et cinq chambres en enfilade. Tout au bout, la plus petite fait 9 m², explique le reportage de Fakir. C’est celle de Francis Assomo, un ouvrier du bâtiment camerounais d’une cinquantaine d’années. Il partage cet appartement de Grigny (Essonne) avec trois autres hommes.

« C’est pas une colloc’. C’est une division illégale de l’appartement. On n’est pas un groupe d’amis, mais on se retrouve à cohabiter », résument les habitants au journaliste du bimestriel. Dans ce quartier de Grigny 2, ce logement est l’un des nombreux exemples de la location « à la découpe » orchestrée par des « marchands de sommeil », raconte Fakir : certains propriétaires transforment un même appartement « en plusieurs petites cellules, en y logeant plusieurs familles entassées. »

Alberto, Falikou, Francis et Timoté n’ont pas eu d’autres choix pour trouver un toit près de Paris : jusqu’à ce que l’État constate la situation en 2023, chacun payait 400 euros par mois « sans bail ni contrat ». Dans ce récit à la première personne, le journaliste témoigne surtout de leur vulnérabilité : « Trois des quatre occupants sont sans papiers. [...] Et les marchands de sommeil profitent donc, eux aussi, comme certains employeurs, de la situation. »

Après vingt ans de travail dans cette situation, Francis Assomo laisse éclater son désespoir : « On vit ici, on travaille ici, on n’a aucun droit. Les gens pensent qu’on a le droit à tout, mais jetez vos cartes d’identité et devenez sans papiers, vous verrez. On travaille pour survivre ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!