« Renoncer à agir reviendrait à banaliser ces comportements et accepter leur installation durablement », dit l’avocat Simon Takoudjou, cité par Rue89 Bordeaux. Son client, Nordine Raymond, ex-candidat La France insoumise (LFI) à la mairie de Bordeaux, a porté plainte après avoir reçu près de « 10 000 messages racistes » sur le réseau social X, contenant des « injures racistes, harcèlement, diffamation et menaces de mort », durant la campagne des élections municipales 2026.
Pour l’ex-candidat de 35 ans, cette plainte est symbolique : « C’est la bataille culturelle que l’on est en train de mener contre le racisme. Il faut que les gens se rendent compte de ce qu’est une campagne de cyberharcèlement. » Un harcèlement qui ne se cantonne pas à la sphère numérique : dans le sillage de la mort de l’identitaire Quentin Deranque, en février dernier, des dégradations avaient été commises à la permanence de campagne de Nordine Raymond.
En Gironde, cette affaire de cyberharcèlement en rappelle une autre : en septembre 2025, le maire socialiste d’Ambarès-et-Lagrave Nordine Guendez « avait aussi été victime d’un e-mail menaçant à caractère raciste », pour lequel une personne a été condamnée.
Sur le réseau social X, les réactions à la plainte de Nordine Raymond sont brutales : « Qu’est-ce que tu veux que ça nous foute, mouloud ? » ; « Va faire ton cinéma avec tes blédards ». Si certaines personnes estiment que « ce n’est pas la peine » de solliciter la justice pour ce type d’affaires, Nordine Guendez, pour sa part, pense le contraire : « Tout petit renoncement est déjà un renoncement de trop. »