L’Europe a connu un été caniculaire et révoltant. Les pics de chaleur ont entraîné une surmortalité dans de nombreux pays. Des incendies ont dévasté des espaces naturels et des habitations : 2026 a été « la pire année jamais enregistrée en matière d’incendies de forêt », écrit EUobserver. L’Espagne et la France en sont des exemples particulièrement choquants.

Cela, alors même que les États réduisent leur nombre de pompiers pour des raisons budgétaires, révèle le média indépendant. La conviction que cet été extrême n’est pas une exception, mais un aperçu de notre futur de plus en plus invivable, a de quoi révolter.

Une augmentation des émissions liées aux data centers

La question climatique revient sur le devant de la scène. En Suède, plus de 50 000 personnes et 360 organisations ont défilé dans les rues de la capitale le dimanche 23 août. Une manifestation historique, selon l’Association pour la préservation de la nature, à l’origine de la marche. « Des personnes venues de tout le pays pour montrer que nous sommes nombreux à réclamer une meilleure politique climatique. Des gens qui souhaitent tout simplement une planète où il fait bon vivre », résume le magazine Flamman.

Difficile d’accorder cette aspiration à une « planète où il fait bon vivre » avec les projets de data centers qui poussent comme des champignons. Les événements climatiques extrêmes font souffrir les populations. Mais en parallèle, le développement aussi massif que disproportionné de l’intelligence artificielle pousse à la création de nouveaux centres de données gourmands en électricité et en ressources.

Aux États-Unis, la multiplication des data centers dits à grande échelle a contribué à la hausse des émissions du secteur énergétique, notamment du fait d’une plus grande activité des centrales à charbon. « Avant l’essor de l’IA, la consommation d’électricité aux États-Unis était restée stable pendant des décennies », rappelle Grist.

En Tasmanie, une île au sud de l’Australie, un nouveau projet de centre de données pour l’IA a été adopté ce mois-ci, malgré l’opposition de la population, raconte Crickey. Les habitants craignent entre autres « les impacts environnementaux, notamment la pollution des cours d’eau locaux due aux effluents et aux eaux de ruissellement contaminées, les rayonnements électromagnétiques et la pollution sonore », cite le média australien.

Comment résister ?

Ces inquiétudes font écho jusqu’à l’autre bout de la planète, où, dans la province canadienne de l’Ontario, c’est « l’été des polémiques autour des centres de données », résume The Narwal. Des habitants de nombreuses villes se sont rendus aux conseils municipaux de leurs communes « pour s’opposer aux projets de construction de nouveaux centres de données gigantesques près de chez eux, inquiets du bruit, de la consommation d’eau et des factures d’énergie ».

En Espagne aussi, la révolte monte, décrit El Salto. Les multinationales de la Silicon Valley convoitent particulièrement le pays pour leurs immenses centres de données. Toni Jorge, un militant écologiste opposé à ces projets, dit au média espagnol : « Malgré tous les avertissements concernant l’avenir des ressources en eau dans le contexte du changement climatique, l’Europe et l’Espagne poursuivent leur course suicidaire pour ne pas prendre de retard dans une technologie qui n’améliorera pas le bien-être de la population. »

« Les centres de données sont devenus la cible de la colère du public », résume TruthOut. En examinant les cas de résistance aux projets aux États-Unis, en Europe ou en Amérique du Sud, le média étasunien propose un manuel de lutte contre les datacenters : « Découvrez ce qu’on ne vous a pas dit », « Constituez la coalition la plus large possible » et enfin « comprenez à quoi ressemble la victoire », recommande le site indépendant à l’aide d’exemples concrets.

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