Écologie

ArcelorMittal : le charbon qui arrive à Dunkerque provoque des ravages au Mozambique

Résumé écrit le

« J’ai dû avorter après cinq mois de grossesse parce que la tuberculose empêchait mon bébé de se développer », témoigne Isabel Graça Correia. L’habitante de Moatize, au Mozambique, est arrivée dans la ville en 2007, un an avant le début de l’exploitation de la mine de charbon voisine. La mine a depuis englouti une partie des habitations. Dans les hôpitaux voisins du complexe minier, le constat est clair : « Chaque jour […], nous recevons un nombre croissant de personnes atteintes de tuberculose. Nous pensons que cela est dû à la pollution ». Le charbon de Moatize est extrait par une société canadienne, Vulcan Minerals.

En 2025, l’aciérie ArcelorMittal de Dunkerque a acheté plusieurs milliers de tonnes de charbon à Vulcan Minerals, révèlent Disclose et Socialter. Le premier pollueur de France avait pourtant promis de réduire son impact environnemental et de produire de l’acier plus propre, contre 244 millions d’euros d’aides publiques depuis 2021.

Derrière ces promesses - abandonnées - d’acier vert à l’hydrogène, le partenaire commercial d’ArcelorMittal continue de polluer les terres et d’intoxiquer les populations locales. Ses rejets se déposent dans les rivières et les eaux souterraines, les contaminent avec des métaux en concentration importante. Leurs effets ? Lésions du foie et des reins, troubles neurologiques, perte de cheveux…

Plus encore, Vulcan Minerals utilise des explosifs pour détacher la roche, projetant des morceaux et poussières de charbon sur les habitants et les exploitations agricoles. Felix Filipe Mainato, qui a reçu Disclose, pointe les murs lézardés de son habitation : « Cette maison n’a même pas un an et elle a déjà des fissures, à cause des détonations ».

Un résumé de Malo Janin
Journaliste à Basta!