Malgré elle, la commune de Brumath, au nord de Strasbourg, incarne un nœud important de la géopolitique mondiale. Les 52 000 m² flambant neufs de la première usine Huawei hors de Chine, construits dans sa zone industrielle, risquent bien de ne jamais accueillir les « 300 à 350 employés » attendus dès 2026, explique Rue89 Strasbourg .
« À son annonce en 2020, le site incarnait la promesse d’un ancrage durable du géant chinois en Europe » en produisant « des antennes 3G, 4G et 5G » pour le Vieux Continent, se remémore le média local. Cinq ans plus tard, les tensions sino-américaines et le risque d’influence de la dictature de Pékin sur Huawei ont convaincu la Commission européenne d’opter pour son « exclusion quasi totale » des infrastructures stratégiques de communications « d’ici 2031 ».
Cela n’augure rien de bon pour le projet d’usine de Brumath. Mais, comme l’indique le média local, la multinationale était déjà soumise à des restrictions similaires en France lorsqu’elle a décidé d’installer l’usine de Brumath... « à moins de 20 kilomètres [de] deux unités de l’armée de terre spécialisées dans le renseignement électromagnétique », note Rue89 Strasbourg.
De même, selon le média, Huawei s’employait encore mi-novembre aux dernières étapes du chantier, tandis que « des licenciements [seraient] en cours » parmi les vingt premiers salariés de Brumath, d’après le député du Bas-Rhin Vincent Thiébaut (Horizons). Alors, ira ou ira pas ? Au fil des détails de ce récit, Rue89 Strasbourg démêle avec clarté l’équation complexe à laquelle font face les élus locaux.