Malgré la qualité de leurs publications, deux médias indépendants vieux de plus d’une décennie ont officialisé leur fermeture à quelques jours d’intervalle. Deux sources relayées par ce Portail et que nous regrettons de voir disparaître.

Onze ans pile après la publication de son premier article, le 4 novembre 2014, la revue franco-belge de « socialisme radical » Ballast a annoncé l’arrêt de ses publications papier comme numériques. Son douzième numéro sera le dernier, et le « millier d’articles » de son site restera consultable, bien que Ballast incite à acheter ses derniers exemplaires pour « pérenniser » ces archives.

Cette mauvaise nouvelle rappelle la fragilité de cette rédaction informelle qui, malgré sa longévité, a toujours été dirigée par « un collectif entièrement militant et bénévole, qui refuse la publicité ». Dès 2021, Ballast avait été contraint d’arrêter sa version papier, avant de revenir exceptionnellement en kiosques en mai 2025 pour ses dix ans.

Dans son message d’annonce sur le réseau social Bluesky, Ballast justifie d’ailleurs cette fin par l’usure du temps : « Ça produit des déplacements. Des doutes. Des questionnements. Des départs. Des arrivées. De nouvelles envies, aussi. Autre chose naîtra peut-être, c’est en discussion et c’est sans discorde. Peut-être que ça s’appelle une aventure nouvelle. »

Equal Times ferme à contre-cœur

Autre annonce funeste : le média en ligne de « justice sociale » Equal Times tire également sa révérence à partir du 1er décembre, après treize ans d’activité. L’arrêt de ses trois éditions (française, anglaise et espagnole) a été confirmée par un e-mail de la responsable d’édition française, Mathilde Dorcadie, adressé aux contributeurs du média le 31 octobre. Au-delà des remerciements à ses ex-collègues pour avoir fait entendre « des voix et des sujets qu’on n’a pas l’occasion d’entendre ailleurs », l’éditrice rappelle que cet arrêt n’est pas souhaité.

En cause : un modèle de financement « à la merci de coupes budgétaires », car dépendant à 100 % « d’institutions internationales comme l’Organisation internationale du travail ». « La rédaction salariée n’étant composée que d’éditrices, [...] il a été compliqué d’ajouter à nos tâches la recherche de financements alternatifs. Et on ne nous a d’ailleurs pas laissé vraiment le temps, puisque nous avons appris assez abruptement nos licenciements au moment de l’annonce des budgets proposés pour 2026 », indique sans plus de précisions Mathilde Dorcadie.

Elle précise toutefois que l’équipe d’Equal Times a « obtenu la garantie que le site restera en ligne pour une durée de temps indéterminée ». Comme pour Ballast, il est donc encore temps de lire ses articles de qualité.

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