C’est une plante « utilisée depuis des siècles comme remède et aliment » par les communautés autochtones de l’Amazonie péruvienne. Une fois le fruit du sacha inchi découpé, on obtient de petites coquilles brunes et dures. De l’or en graines : « les gousses renferment une huile dorée qui, dans un laboratoire européen, est transformée en onguent anti-âge ou en complément alimentaire végétalien », raconte la revue hispanophone Late dans un article dédié à la « fièvre du sacha inchi », traduit par Voxeurop .
Car, après qu’une « étude scientifique a révélé ses propriétés nutritionnelles » dans les années 1980 (ses graines sont « riches en oméga-3, 6 et 9, plus que le saumon ou les noix »), le sacha inchi s’est exporté dans le monde entier à partir des années 2000.
Cette arachide est désormais un exemple emblématique de « biopiraterie », expliquent les auteurs de l’article. Ils définissent le terme par « l’utilisation des lois sur la propriété intellectuelle pour monopoliser les ressources génétiques et les savoirs traditionnels ». En 2005, la société française Greentech a ainsi été l’une des premières entreprises d’Europe à vouloir breveter (et donc limiter) l’usage du sacha inchi pour la fabrication d’une pommade.
L’État péruvien a beau tenter de lutter contre ce phénomène en se dotant d’une commission dédiée, l’économie capitaliste a déstabilisé le commerce de sacha inchi. « En théorie, l’huile amazonienne favorise le bien-être et le développement durable. En pratique, elle reproduit une chaîne inégalitaire qui prend racine dans la jungle et se termine sur le visage de ceux qui peuvent se la procurer. »