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Blé et betteraves : dix ans d’expérimentation réussie en « zéro pesticide »

Résumé écrit le

Une troisième voie est-elle envisageable, entre agriculture conventionnelle et bio ? Cela semble être le cas, d’après les résultats, publiés fin 2025, d’une étude menée par l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement (Inrae) et relayés par La Relève et La Peste. « Baptisée Rés0pest, l’expérimentation a été menée entre 2012 et 2022 sur neuf sites répartis en France, sur des surfaces d’en moyenne 10 hectares, et portait sur des systèmes de grandes cultures et de polyculture-élevage conduits sans aucun pesticide. »

L’objectif : établir s’il est possible (et rentable) d’atteindre les mêmes rendements qu’avec une production conventionnelle, sans aucun produit « pour protéger les cultures contre les animaux nuisibles, les maladies et les mauvaises herbes » , précise l’étude en préambule. Pas même de « pesticides naturels, tels que le cuivre », comme c’est le cas dans l’agriculture bio. Pour compenser, « les engrais chimiques (interdits en bio) et le travail du sol restaient possibles ».

Dix ans plus tard, les chercheurs constatent que les rendements sont « légèrement inférieurs à ceux du conventionnel, mais supérieurs à ceux observés en agriculture biologique », même pour des cultures considérées « comme très dépendante des pesticides ». Si cette étude ne suffit pas à prouver que ce modèle serait transposable à grande échelle, elle démontre en tout cas sa viabilité sur le papier. Y compris en termes de revenus, précise l’ingénieur et porteur du projet, Vincent Cellier : « On a considéré la vente des produits sans pesticides aux prix du conventionnel. Mais il serait intéressant qu’ils soient valorisés, surtout au regard des économies qu’ils représentent sur la santé et l’environnement. »

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!