Majdouline B. se dit « soulagée » auprès du média qui a rendu public son cas. Le 6 décembre, le tribunal administratif de Paris a ordonné sa réintégration à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, où elle travaillait depuis 2018. Un mois plus tôt, Mediapart avait révélé son licenciement définitif après son refus d’enlever son calot (« couvre-chef porté par les soigantes »). Une demande motivée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) au nom du « respect de la laïcité ». La soignante « dénonce depuis ce qu’elle appelle une "chasse aux sorcières", qui vise les femmes musulmanes ou perçues comme telles », précise le média.
La justice ne lui a pourtant pas donné totalement raison : le tribunal a seulement jugé l’affaire sur sa forme, se concentrant sur les raisons avancées pour justifier une sanction si lourde. Une seconde audience se prononcera plus tard sur le fond (« le caractère discriminatoire » dénoncé par la soignante). Pour le moment, le juge a estimé que le « refus répété » de l’infirmière ne justifiait pas un renvoi, mais qu’il constituait tout de même « une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire ».
Pour autant, d’après les interlocuteurs de Mediapart, il ne s’agit en rien d’une défaite. L’avocat de Majdouline espère que « le juge aille plus loin et reconnaisse la discrimination » lors de cette prochaine étape. Une élue syndicale à la Pitié-Salpêtrière célèbre quant à elle « une première victoire contre l’arbitraire patronal » : depuis l’enquête de Mediapart, son syndicat a reçu des témoignages similaires émanant « de vingt-sept hôpitaux, partout en France ».