Économie et social

« Combattre les violences sexistes et sexuelles, c’est garantir la place des femmes dans la CGT »

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Les violences sexistes et sexuelles (VSS) n’épargnent pas les milieux syndicaux, témoigne Raphaëlle Manière pour la CGT : « propos ou insultes sexistes, exhibition, harcèlement moral à caractère sexiste, harcèlement sexuel, agressions sexuelles, viols. Chaque année, nous établissons entre cinq et dix dossiers », cite Contretemps.

Cheminote dans le Jura, la militante est aussi celle qui pilote la cellule de veille contre les VSS de la CGT, créée en 2016. À cette époque, certaines adhérentes « ne trouvaient plus leur place dans [le syndicat] ou finissaient par quitter l’organisation », se rappelle Raphaëlle Manière. Ainsi, depuis dix ans, la structure documente tout type de VSS signalées au sein d’un syndicat fédéré par la CGT, mais sans formuler de sanctions. « Le dispositif oblige au contraire chaque organisation et chaque direction à prendre ses responsabilités », explique-t-elle. La cellule vise également à « garantir réellement la place des femmes dans la CGT », qui comptent pour « 39 % » des adhérentes.

Plus largement, l’enjeu de cette structure est de lutter contre les angles morts de ce syndicat progressiste. « Lorsqu’un militant occupant des responsabilités est mis en cause, certains peuvent être tentés de penser que l’accusation viserait, à travers lui, la CGT elle-même. Cette rhétorique du complot continue de fonctionner », se désole Raphaëlle Manière. Si la syndicaliste se réjouit d’une prise en compte croissante de ces enjeux par la direction de la CGT, elle dit « rester lucide » sur les oppositions encore nombreuses au sein des différents syndicats de cette fédération.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!