Société

Comment lutter contre le rire fasciste ?

Résumé écrit le

« Tout porte à croire que le rire, et sa force fédératrice, tentent d’être réinvestis par l’extrême droite électorale et médiatique », observe Socialter, qui cite plusieurs exemples récents. Le média relève deux formes d’humour « réactionnaire » de plus en plus présentes, en réponse au succès des humoristes progressistes.

Il y a d’abord les petites phrases et actions politiques moqueuses ou absurdes, à l’image de la caricature des « écolos végans complètement tarés qui mangent des moustiques » du député RN Sébastien Chenu, ou de la tronçonneuse brandie en public par le maire de Nice et allié du RN, Éric Ciotti (geste qui fait référence au président ultra-libéral argentin Javier Milei qui aspire à « tronçonner » les services publics et les protections sociales). « On est dans un humour trumpiste, un mode de fonctionnement trollesque, une logique de l’écrasement, un rire qui sous-tend une violence », avance le chercheur Denis Saint-Amand, spécialiste de la satire et de la parodie.

Puis, il y a les programmes d’humour assumés par des médias d’extrême droite : «  C avec le sourire  ! » de CNews, « Bienvenue chez les wokes » de Boulevard Voltaire, ou certaines chroniques humoristiques de Sud Radio. Tous partagent la même approche : incarner avec ironie des militant∙es de gauche pour moquer régulièrement les minorités qu’iels défendent.

L’humour d’extrême droite n’est pas nouveau, signale Socialter, qui évoque notamment les « chansonnettes humoristiques, empreintes d’antisémitisme » de Radio Vichy en 1941. Mais cette résurgence inquiète Denis Saint-Amand, « qui craint que le rire ne soit que la première étape d’une politique-spectacle au service d’un programme fasciste ». Car si le rire progressiste reste prééminent en termes d’audiences médiatiques et de billets vendus dans les salles de spectacle, Socialter rappelle que l’humour trop engagé est à l’inverse peu à peu chassé des antennes francophones.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!