Société

Criminalité organisée : Albanie, le cheval de Troie des narcos en Europe

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Une seule donnée pourrait résumer l’ampleur du problème : « En 2024, Europol considérait les groupes criminels albanais comme l’une des cinq menaces majeures en France, en Italie et en Belgique. » Ce chiffre, cité dans cette enquête publiée par Blast et le média d’investigation néerlandais Follow the Money , illustre la montée en puissance de la mafia albanaise à travers l’Europe.

« Historiquement, les Albanais faisaient plusieurs trafics en même temps, les stups, les cambriolages et la traite d’êtres humains, mais ce qui a changé c’est que, dans le cas de la drogue, ils contrôlent maintenant l’ensemble de la chaîne », explique le spécialiste du crime organisé Stéphane Quéré. Dans cette enquête, le journaliste Antoine Harari raconte ainsi comment l’explosion de la production de cannabis en Albanie « entre 2014 et 2016 [...] a donné au crime organisé des moyens considérables pour se diversifier » dans toute l’Europe. Y compris avec des relais « en Amérique du Sud, en Colombie, en Équateur », précise un colonel des douanes italiennes.

Un État corrompu candidat à l’entrée dans l’UE

En France, « on est en train de sortir du syndrome de Tchernobyl quand on prétendait que la criminalité organisée s’arrêtait à Vintimille, à la frontière », ironise Stéphane Quéré. Toutefois, le gouvernement français et plus largement l’Union européenne ferment les yeux sur l’une des causes principales de cet essor : une véritable entente entre l’État albanais, candidat crédible à l’entrée dans l’UE, et ses narcotrafiquants.

Parmi les exemples cités dans cette enquête effarante, on lit ainsi qu’un chef de gang sur écoute a récemment révélé « comment son groupe avait été chargé de recruter des électeurs pour le compte du ministre » de la Diaspora albanaise, dont les votes sont cruciaux. Pas de quoi démotiver la France et l’UE qui « voient dans ce territoire des Balkans une zone tampon en Méditerranée pour amortir et filtrer les flux migratoires. »

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!