« Quand on parle du bio ça ricane. » Jeanne (le prénom a été anonymisé) est professeure dans un lycée agricole privé. Elle raconte à Splann ! l’ambiance générale pro agro-industrie dans l’établissement où elle enseigne. « Une élève cachait carrément que ses parents sont en agriculture bio et très actifs dans le réseau paysan ! » Pour comprendre ce dénigrement, le média indépendant breton s’est penché sur les fermes des lycées en Bretagne qui servent de support et de vitrine. De Fouesnant (Finistère) à Ploërmel (Morbihan), en passant par Pommerit (Côtes-d’Armor), les exploitations affichent la couleur : elles reposent toutes sur un système agricole intensif et conventionnel, de gros investissements et des volumes de production élevés.
Avec un tel tableau, difficile d’imaginer que l’agroécologie est inscrite dans le programme des lycées agricoles depuis 2014. Un plan, « Enseigner à produire autrement », avait alors été lancé par Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture. Aujourd’hui, les établissements privés demeurent particulièrement à la traine, notamment dans la formation des enseignantes. « Il y a de grosses résistances de la profession à mettre en œuvre les dispositions que l’on préconise », déplore un ancien inspecteur de l’enseignement agricole. Or, le choix du modèle intensif n’est pas forcément rentable, rappelle Splann !. Sur 228 exploitations de lycées agricoles en France, seules 54 étaient à l’équilibre financier. Une seule exploitation bretonne en faisait partie.