Économie et social

Don Italo Calabrò : la folle histoire du prêtre qui a déjoué les plans de la mafia

Résumé écrit le

Nous sommes en 1964, mais le village montagneux de San Giovanni di Sambatello (Calabre) n’a ni eau courante ni électricité, et « la faim y est encore une cause de décès », précise Le Cri. Un fléau du sud de l’Italie retient ses 600 âmes dans le passé : la mafia locale. À son arrivée dans le hameau, le prêtre Don Italo Calabrò ne peut que constater la difficulté de sa tâche : la porte de l’église a été murée. « Le boss a donné l’ordre de ne pas y mettre un pied. »

Alors que vient d’être conclue « l’enquête diocésaine nécessaire à la demande de béatification de Don Calabrò », la journaliste indépendante Cécile Debarge raconte pour le média chrétien la lutte de ce curé de campagne contre le crime organisé.

Pour mener sa mission à bien, « le prêtre possède un précieux sésame : parmi les élèves de l’école où il enseigne se trouve un neveu du boss ». Il se permet alors de rouvrir l’église. Il y apporte des magazines, une télévision, puis pousse les jeunes à étudier. « L’intuition du prêtre est celle qui guide aujourd’hui la plupart des politiques de lutte contre la mafia en Italie, ce qu’on appelle "l’antimafia sociale" : l’une des clés pour briser le cercle de la criminalité est de proposer un modèle différent à des enfants et des familles qui vivent souvent en vase clos. »

Le clerc convainc aussi des mères endeuillées par la mafia de briser le cercle vicieux dans lequel « les fils sont destinés à reprendre le flambeau des pères et les femmes à nourrir l’omerta et l’esprit de vengeance ». Italo Calabrò devait au départ rester quelques jours dans le hameau. Il y demeurera 26 ans.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!