Société

Édito. 15 ans après les printemps arabes : ce qui ne s’est pas éteint

Résumé écrit le

« C’est en Tunisie, le 17 décembre 2010, que le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu, conduisant à des révoltes qui permirent l’éviction du président Ben Ali », rappelle la revue Regards dans son éditorial, publié quinze ans après cet événement déclencheur des printemps arabes.

Algérie, Jordanie, Égypte, Yémen, Bahreïn, Libye, Maroc, Syrie : en quelques mois, la vague de contestations populaires déferle sur le Maghreb et le Moyen-Orient, menant souvent à des réformes ou à la chute d’autocrates. Puis, « les contre-révolutions ont gagné des batailles. [...] La Syrie est devenue un charnier stabilisé par des soutiens internationaux, la Libye un marché de la violence, le Yémen un champ de ruines », précise pêle-mêle Regards. Quinze ans plus tard, ce triste bilan semble suffire « pour que les autocrates se sentent confortés : regardez, disent-ils, la révolte mène toujours au chaos ».

Pourtant, la revue propose une autre conclusion de ces printemps arabes : « C’était l’entrée des sociétés arabes dans une nouvelle ère politique, où l’autorité n’est plus jamais totalement légitime ». Preuve en est, selon le Regards, que l’Algérie, le Soudan, le Liban ou l’Irak ont à nouveau connu des mobilisations sociales ces quinze dernières années. Pour l’auteur, les printemps arabes ont au moins « détruit un mensonge : celui de peuples supposément immobiles, culturellement réfractaires à la liberté, condamnés à l’autoritarisme ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!