Économie et social

En photos : les vieux bus volants d’Amazonie

Résumé écrit le

Le récit de Revue21 et les images du photojournaliste Lucas Barioulet réussissent l’exploit de communiquer tout autant l’extraordinaire que le banal de ces vols au-dessus de l’Amazonie. À l’extrême est de la Colombie, trois avions de la Seconde Guerre mondiale Douglas DC-3 assurent chaque semaine des liaisons aériennes « pour relier les villages perdus de la jungle au reste [du pays] ».

L’extraordinaire, ce sont les conditions de ces vols « qui font retenir son souffle, ou esquisser un signe de croix. Faire voler ces machines vieilles de plus de 80 ans relève du défi quotidien. [...] À 2000 mètres d’altitude, le DC-3 avance au milieu d’une mer de nuages, sans tour de contrôle ni assistance aérienne ». Photographié l’air désabusé, un des mécaniciens de bord s’appelle Jésus — ça ne s’invente pas.

Mais lorsqu’il atterrit sur les pistes « en terre ou en sable » des régions colombiennes isolées, le vieux coucou vétéran fait office de banal « bus de la jungle » pour les communautés autochtones. « Son arrivée signifie médicaments, vaccins, nourriture, carburant », précise Revue21. Puis, « quand il repart, l’avion ne décolle jamais à vide » : les habitants y chargent des « tonnes de produits locaux » à vendre dans les grandes villes pour assurer leurs revenus. Quand ils ne rentrent pas eux-mêmes dans la carlingue pour partir à l’hôpital, à l’université, ou visiter des proches. Sur les images, les regards songeurs des passagers traduisent leur résignation face à cette liaison atypique devenue inévitable.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!