Société

Entretenir le mythe du Père Noël, une affaire de milieu social ?

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« Créer une diversion pour disposer à l’insu des enfants les cadeaux sous le sapin, faire croire que le Père Noël passe en diffusant le son de son traîneau »… Si de nombreux parents multiplient les efforts pour perpétuer le mythe du gros bonhomme rouge chez leurs enfants, toutes les classes sociales ne sont pas égales, rapporte The Conversation.

Avant les fêtes, l’édition française du média publie un extrait d’une enquête sociologique, Premières classes. Comment la reproduction sociale joue avant six ans, paru en septembre 2025 aux éditions UniverCité. Le premier chapitre, écrit par les sociologues Géraldine Bois et Charlotte Moquet, se penche sur la confrontation des enfants au monde des adultes, et notamment à l’inexistence du Père Noël.

Bien que « des familles de milieux sociaux variés » choisissent d’entretenir cette croyance pour « sauvegarder une "magie", un "imaginaire" et une "innocence" qu’[elles] estiment propres à l’enfance », ces attitudes « sont nettement plus présentes dans les classes populaires », rapportent les sociologues. À l’inverse, certains parents « de classes moyennes et supérieures » n’y tiennent pas plus que ça : « Sans dire explicitement la vérité à leur enfant, [ils] se montrent intéressés par les doutes qu’il exprime. »

Ce constat illustre ainsi une inégalité. Là où des parents aisés voient dans les questions autour de l’inexistence du Père Noël « un terrain d’exercice » pour développer l’esprit critique (« particulièrement valorisé à l’école », rappellent les autrices), les familles précaires tendent à retarder le plus souvent cette découverte, « n’ayant pas la possibilité de leur épargner certaines expériences » négatives.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!