Au lieu de donner quelques euros dans le panier de quête, où la paroisse récolte les dons de ses fidèles, certaines jeunes catholiques y glissent parfois la carte d’une association féministe, Magdala. Une manière plus directe et radicale, pour la seconde génération des féministes chrétiennes, de se faire entendre, raconte Le Cri.
Car si le mouvement MeToo a récemment amené de nombreuses croyantes à questionner la place des femmes dans cette institution, « les prémices du féminisme catholique remontent aux années 1970, au moment du concile Vatican II », réformant les règles de l’Église. Le média chrétien raconte ainsi leur premier combat contre le privilège des hommes catholiques à devenir diacre, prêtre ou évêque (alors que dans le protestantisme, les femmes peuvent devenir prêtre) : des premières initiatives « douchées » par l’opposition du pape en 1976, à la fondation du « Comité de la Jupe » après une sortie sexiste de l’archevêque de Paris en 2008.
D’abord « prudente », l’association, centrée au départ sur l’invisibilisation des femmes catholiques, va peu à peu élargir ses revendications et sa base face aux scandales d’abus sexuels dans l’Église à la fin des années 2010. Elle se renomme Magdala en 2025 (du nom d’une des plus importantes disciples de Jésus, Marie-Madeleine), après avoir absorbé d’autres comités et attiré une nouvelle génération de croyantes. Des militantes plus attentives « à la race, aux minorités et à d’autres formes d’intersectionnalités », constate la sociologue Céline Béraud : « on assiste à une forme de convergence entre des générations plus anciennes qui radicalisent leurs positions et des initiatives plus jeunes qui se multiplient ».