Société

Grèce : le quartier d’Exarchia sans les condés

Résumé écrit le

Une zone sans police. Le vieil idéal libertaire s’est concrétisé en un lieu : le quartier d’Exarchia, à Athènes, en Grèce. En décembre 2008, l’endroit se trouve à l’épicentre de la colère populaire, après « l’assassinat par un policier d’Alexandros Grigoropoulos, 15 ans », rappelle CQFD. L’événement marque un tournant, et, de la rage du peuple, naît une expérience inédite : durant la décennie suivante, « Exarchia est globalement déserté pas la police. Les flics savent que le niveau d’antagonisme sera élevé s’ils s’y aventurent en masse », explique le chercheur en sciences politiques Victor Collet, auteur d’un livre sur cette histoire, publié mi-octobre chez Agone.

« Ayant résidé sur place à de multiples reprises, de 2014 à 2021 », le chercheur indépendant raconte au journal comment ce quartier « délaissé par les plans d’urbanisme [...], un îlot de tranquillité à dix minutes à pied du Parlement », s’est peu à peu transformé en bulle autogestionnaire expérimentale. Les habitants y logent notamment des milliers de personnes exilées sans abri. Surtout, Victor Collet détaille tout autant le contexte historique et social lié à cet épisode démocratique que les dérives qui l’ont suivi : l’arrivée de la mafia, les écueils liés à la gestion de la sécurité publique, ou encore le « lissage du radicalisme » et la vente de « t-shirts ACAB [pour] hipsters fans de street-art ». Un récit passionné et sans œillères.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!