Roline Mukiza, une Ougandaise de 42 ans, pleure son époux. Il y a quelques jours, elle a appris que son mari était tombé au combat en Ukraine. « Il a pris l’avion pour Moscou peu avant Noël, pensant qu’il y trouverait un emploi d’agent de sécurité », raconte-elle au journal allemand la Taz. « Le 16 janvier, j’ai reçu un dernier message de sa part. Il nous a demandé de prier pour lui, car il suivait une formation militaire et allait être envoyé au front. » Ce reportage nous raconte comment la Russie recrute des hommes dans plusieurs pays d’Afrique pour qu’ils combattent dans son armée en Ukraine. Ces hommes sont séduits par de fausses promesses d’emplois bien rémunérés en Russie, avant d’être en fait incorporés de force dans l’armée russe. Des milliers d’Africains de dizaines de pays ont été ainsi trompés pour être envoyés au combat, nombre d’entre eux meurent rapidement ou se rendent aux forces ukrainiennes. Selon un rapport des services de renseignement du Kenya, présenté au Parlement du pays, 1000 Kényans auraient été recrutés pour l’armée russe, 89 seraient actuellement en service actif au front, 39 seraient blessés et hospitalisés dans des hôpitaux militaires, et 28 portés disparus et présumés morts. Le gouvernement kényan a promis d’agir contre le phénomène. Roline Mukiza aimerait que son pays, l’Ouganda, fasse de même. Mais que peuvent faire ces pays face au géant russe ?