Société - Écologie

« Ici, on a droit à la parole » : dans ce village, c’est l’assemblée citoyenne qui prend les décisions

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« On pourrait ouvrir un local où trouver des aliments de base et partager un café », propose Corinne, en s’adressant à la trentaine d’habitants de Ménil-la-Horgne (Meuse) venus assister à la première assemblée citoyenne organisée depuis la réélection du maire, Claude Kaiser.

Depuis 2020, les habitants du village se retrouvent une fois par trimestre pour décider ensemble des projets de la commune. Les sujets ne manquent pas : « vote dès seize ans, création d’une gazette, embauche d’un employé communal, travaux de la place du village… »

Les délibérations de l’assemblée, adoptées par un vote à la majorité, doivent ensuite être approuvées par le conseil municipal. « Ici on a droit à la parole. Les décisions ne sont pas prises dans le dos des gens ! » explique Johan à Reporterre. Une pétition de trente signataires peut aussi remettre un projet au vote.

Dans l’assemblée, les voix de l’équipe municipale ne comptent pas plus que les autres, même quand elle est invitée à revoir ses politiques. Le maire, écolo, avoue avoir été un « vieux schnock » en s’opposant, en argumentant sur artificialisant les sols, à la création d’un city-stade demandé par les familles en assemblée. « Les vieux à la pétanque, les jeunes au basket, les enfants aux jeux : toutes les générations s’y sont retrouvées pour le 14 juillet ! » se réjouit-il à présent.

« Au cours du dernier mandat, plus de 80 projets ont ainsi été lancés, favorisés par des excédents annuels », écrit Reporterre. Une expérience de démocratie directe qui a rassemblé, au plus fort, 80 personnes sur 180 habitants. Le modèle se propage dans la Meuse, où sept maires ont été élus aux dernières municipales avec, pour projet, la création d’une assemblée citoyenne.

Un résumé de Malo Janin
Journaliste à Basta!