La version de la police perd toute crédibilité face aux preuves révélées par Le Canard enchaîné . L’hebdomadaire satirique raconte les coulisses d’une récente séquence médiatique : le 14 novembre dernier, un policier tire sur un homme armé d’un couteau pour le neutraliser, alors qu’il menace les agents dans la gare Montparnasse, à Paris. Les médias relaient l’info sans plus d’élements, présentant l’affaire comme un fait divers presque banal. À un détail près : « dans la confusion, un passager prend une autre balle dans le pied. La faute à pas de chance ? Pas tout à fait », répond le palmipède.
Avec cette enquête, le journal indépendant complète le récit officiel en s’appuyant sur les déclarations de la victime collatérale, « Bertrand », qui témoigne anonymement. À partir de ses dires et des images de la caméra-piéton de l’agent tireur, on découvre que le suspect n’a menacé que sa propre vie, qu’il était déjà entouré d’une demi-douzaine de policiers au moment du tir, et que le mitrailleur « a raté sa cible à moins de 3 mètres… » Et lorsqu’on lit que les forces de l’ordre avaient été prévenues de l’arrivée du suspect une demi-heure à l’avance, l’histoire ressemble bien plus à une bavure qu’à de la légitime défense. Pas de quoi déstabiliser la police : elle reproche à Bertrand « d’avoir fait preuve d’imprudence en stationnant au milieu du champ de tir. »