Le temps passe, mais les violences sexuelles perdurent. Elles ont lieu dans toutes les strates de la société. Du système d’impunité – dont le président Donald Trump ferait partie, selon des révélations récentes – qui a permis à Jeffrey Epstein, mort en 2019, de perpétrer des violences pédocriminelles contre des jeunes filles, à l’agression sexuelle en pleine rue (et devant les caméras) de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum le 4 novembre dernier, les violences sexuelles contre les filles et les femmes sont globales, constantes, persistantes.
La députée mexicaine Dolores Padierna Luna, du parti de gauche Morena, a rappelé que ce qu’a vécu la cheffe de l’État « n’est pas un incident mineur, mais plutôt le reflet du machisme qui cherche encore à s’imposer à la dignité et à l’autorité des femmes », écrit le média mexicain Amexi .
Dans tout le pays, cet événement a déclenché un débat public sur la question des violences faites aux femmes, raconte The Guardian . « Le fait que même la présidente ait pu être victime d’une telle agression a attiré l’attention nationale sur un problème qui touche chaque jour des millions de femmes mexicaines », commente le quotidien britannique.
Une femme sur trois
Cette problématique de société dépasse les frontières. Au Royaume-Uni, lors de l’année écoulée, deux tiers des femmes militaires ont été victimes de harcèlement sexuel. En Roumanie, l’Église adventiste protège encore un homme influent, dont huit femmes affirment avoir été victimes, révèle le média roumain Recorder . En Lettonie, rappotr le média russe en exil Meduza , plus de 10 000 personnes se sont mobilisées à Riga, le jeudi 6 novembre, « pour protester contre un projet de loi qui prévoit le retrait du pays de la Convention d’Istanbul, un traité international visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes ».
L’ampleur des violences masculines n’est pas à prendre à la légère. « Dans le monde, une femme sur trois a été victime dans sa vie de violence physique ou sexuelle – le plus souvent par un partenaire intime. Lorsque l’on prend en compte le harcèlement sexuel, ce chiffre est encore plus élevé », estime l’ONU Femmes.
Une solution pourrait être, selon Voxeurop , de proposer une meilleure éducation sexuelle, affective et relationnelle aux générations futures. « Plusieurs pays de l’UE ont introduit l’éducation sexuelle et/ou l’éducation affective et relationnelle dans les écoles, mais il existe encore beaucoup de résistance, renforcée par la vague conservatrice qui déferle sur le continent », constate le média indépendant.
