Les nouvelles technologies peuvent-elles être compatibles avec un monde progressiste ? Emplois remplacés par des robots ou des algorithmes, « caractère radicalement écocidaire » et « dégâts sociaux liés à leur production » : Socialter part du constat que « la gauche semble plus que jamais coincée dans une ambivalence confuse vis-à-vis de l’idéologie du progrès technique », quand elle ne rejette pas totalement « le paradigme technicien ».
Ça n’a pourtant pas toujours été le cas. L’autrice de l’article cite l’exemple du « cosmisme russe [...] de la fin du XIXe siècle ». Cette idéologie voit dans la recherche spatiale ou la géo-ingénierie des outils pouvant offrir « une économie entièrement automatisée, conduisant à l’abolition définitive de la société de classes ». Socialter évoque surtout une « troisième voie » plus récente et nuancée. Que ce soit « l’accélérationnisme », qui revendique l’avènement d’une société post-travail grâce à « l’automatisation totale des tâches laborieuses », ou le « cyber éco-socialisme », qui incite à recréer des outils similaires mais avec une démarche plus éthique et morale.
Leur point commun : ces idéologies jugent irréaliste l’abandon total du progrès technique, appelant plutôt à se le réapproprier. L’idée divise malgré tout : plusieurs penseurs contemporains jugent qu’une technologie comme l’IA générative reposera toujours « sur un extractivisme énergétique forcené [aux] logiques néocoloniales », cite Socialter. Sans clore le débat, cet article souligne ainsi la variété des nuances de point de vue à gauche sur cet enjeu.