Lundi 27 avril, le sujet d’ouverture du journal de 13 heures de France Inter interpelle Acrimed : dans « un contexte géopolitique très dégradé » et alors que « l’inflation du prix des carburants » accentue les « difficultés économiques et sociales », sur la radio publique, l’accent est mis sur tout autre chose : une oliveraie, en cours de plantation dans le Morbihan. De quoi nourrir la réflexion de l’observatoire des médias, qui entamait ce jour-là une expérience particulière : analyser pendant une semaine le traitement journalistique de cette tranche d’actu de la mi-journée.
Le bilan est sévère : « C’est la récurrence des faits divers (en particulier routiers), l’omniprésence du registre pratique et émotionnel, la multiplication des formats narratifs de proximité, la célébration du savoir-faire français et des passions joyeuses qui frappe. Autrement dit, le devenir Jean-Pierre Pernaut de France Inter », raille Acrimed, en référence de l’ex-présentateur du 13 heures de TF1, visé par les mêmes critiques.
Parmi les nombreux exemples cités par l’observatoire des médias, celui de l’oliveraie bretonne incarne certains des problèmes de fond dénoncés par l’article. D’abord, la priorité et le temps accordé à des sujets ayant peu d’impact : l’huile d’olive occupe autant de place que « la réponse diplomatique de l’Iran face à la guerre israélo-américaine ». Mais, surtout, le manque d’approche critique du journal : le réchauffement climatique qui rend possible cette oliveraie bretonne est évoqué « comme une opportunité économique proche du terroir, un élément de valorisation plus que de dégradation », juge Acrimed.
Un traitement de l’état du monde « anesthésié » qui serait en partie lié à deux causes : des « modalités de production » de l’info contraintes, et une ligne éditoriale « familiale » défendue par la directrice de France Inter.