Au-delà de relayer des récits difficiles – mais précieux – d’enfants décrivant des agressions sexuelles subies dans une « école maternelle publique du très chic VIIe arrondissement de Paris », Mediapart se penche sur un enjeu majeur de ce type d’affaire : comment s’assurer que la parole des petites ne « soit pas "polluée", c’est-à-dire influencé par un copain ou un parent angoissé » ? Car, comme le rappelle Patrice, l’un des parents interrogés, le cas médiatique des fausses accusations dans le cadre de l’affaire d’Outreau (1996–2015) « plombe encore tout le monde. L’a priori, c’est que la parole des enfants n’est pas fiable. »
Pour l’affaire des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris, l’article évoque le cas d’une jeune victime ayant peiné à répéter ses premières confidences un mois plus tard face aux policiers. « Mais comment un enfant de 3 ou 4 ans peut-il inventer ces choses-là ? », commente Patrice. Cinq familles décrivent ainsi auprès de Mediapart la manière dont ils ont recueilli cette parole, et les détails qui font « qu’elles n’ont pas cédé à une "psychose" : ici, les conditions dans lesquelles l’enfant a parlé la première fois ; là, des symptômes évocateurs apparus il y a des mois déjà, des terreurs nocturnes ou des vulvites, de l’énurésie ou une fissure anale. »
Sans aucunement demander aux parents de se justifier, le média met en avant la fragilité de ces témoignages face à la machine judiciaire. Les familles critiquent en particulier « une prise en charge éclatée » en plusieurs convocations légales, obligeant leurs enfants victimes à répéter les faits « avec un risque de déperdition et de traumatismes secondaires. »