Les Émirats arabes unis mènent au Yémen une stratégie de fragmentation étatique qu’ils reproduisent dans toute la région, dénonce le média espagnol El Salto . En janvier, le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, a repris militairement plusieurs provinces (Hadramaout, al-Mahra) et le port stratégique de Mukalla au Conseil de transition du Sud (CTS). Ce mouvement sécessionniste, appuyé par Abu Dhabi, contrôlait ces territoires depuis décembre.
Pour l’expert Aziz Alggashian cité par le journal, cette « guerre civile dans la guerre civile » illustre une mutation du rôle régional des Émirats : longtemps cantonnés à servir de hub logistique, ils projettent désormais leur puissance militaire en Afrique et au Moyen-Orient, créant partout des « structures parallèles » qui affaiblissent les États.
El Salto détaille notamment l’implication émiratie au Soudan, où Abu Dhabi soutient les Forces de soutien rapide (FSR) accusées de crimes de guerre – une réalité documentée par l’ONU, Amnesty International et les services de renseignement américains, malgré les démentis officiels. Le média recense également les interventions en Libye, au Somaliland et au Puntland (deux régions autonomes de Somalie).
L’article souligne que cette expansion militaire émiratie s’inscrit dans un contexte où les rivalités régionales se multiplient : au Yémen, trois coalitions s’affrontent désormais (gouvernement soutenu par Riyad, sécessionnistes du Sud soutenus par Abu Dhabi, Houthis appuyés par l’Iran).