« À La Réunion comme dans les autres outre-mer, la question n’est peut-être plus de savoir comment éliminer les chiens errants, mais pourquoi les moyens nécessaires pour prévenir leur errance continuent de manquer », estime dans cet édito Parallèle Sud.
Le média réunionnais réagit à une mesure controversée, mais peu médiatisée, du projet de loi d’urgence agricole, débattu à l’Assemblée ces dernières semaines : autoriser les « lieutenants de louveterie » (chasseurs de nuisibles bénévoles nommés par les préfectures) à lutter « contre les attaques de chiens errants » en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte.
L’article a beau avoir été retiré avant l’adoption de cette loi, le 21 juillet, Parallèle Sud ne peut s’empêcher d’y voir une politique qui « organise la mort » au lieu d’endiguer un problème pourtant « bien réel » dans les outre-mer : les attaques de troupeaux ou de poulaillers par des chiens abandonnés ou nés dans la nature.
« L’île [de la Réunion] ne compte pourtant que trois refuges ne pouvant accueillir que 135 chiens, alors que les derniers chiffres du site stoperrance.re dénombrent plus de 30 000 chiens errants. [...] Une situation qui entraîne de nombreux placements en fourrière et un nombre très élevé d’euthanasies », dénonce le média. À travers cet édito, Parallèle Sud appelle à l’inverse « à investir dans la coexistence plutôt que dans l’éradication », à l’image des aides actuelles pour protéger les éleveurs face aux loups.