Il y a une certaine ironie dans le fait d’avoir sélectionné ici cet article de L’âge de faire . La contradiction saute d’ailleurs aux yeux dès la première phrase, qui dévoile son sujet : « Vous qui tenez ce journal entre les mains, pensez-vous être un dinosaure ? »
Dans cette chronique, le mensuel (principalement) papier revient sur les « deux dernières décennies [de] déferlante numérique » dans le monde de la presse. Tout en soulignant que la mort annoncée de ce support « coupeur d’arbres [...] au profit du fringant numérique tout beau tout propre » n’a pas eu lieu.
Pour l’expliquer, le média rappelle l’impact écologique finalement assez similaire des formats de publication : si on ne fait « pas de journal sans couper d’arbre, [...] on ne fait pas non plus de numérique sans creuser de mines » de terres rares, nécessaires à la production des microprocesseurs de nos smartphones et ordinateurs. « Un journal en ligne, surtout s’il ne propose que de l’écrit et des photos – sans vidéos, donc – peut être relativement sobre, mais il n’en est pas moins conditionné à [...] l’une des industries les plus polluantes au monde. »
Malgré tout, la rédaction défend sa préférence personnelle pour le papier, « moins dévastateur » et « qui n’a pas besoin de batterie pour être lu ». Et pourtant : cet article vantant le plaisir de la gazette, dont les pages se tournent avec les doigts, existe aussi en format audio lu par une journaliste de L’âge de faire... À écouter en exclusivité sur le web ! Décidément, rien n’est simple avec la presse du XXIe siècle.