Écologie

Nucléaire : une filiale d’Orano condamnée et des taux d’uranium alarmants

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« Taux de cancers en augmentation chez les jeunes », chute de dents et de cheveux... Reporterre et le média local Vlast révèlent la pollution engendrée, dans la région du Turkestan (Kazakhstan), par l’extraction d’uranium, « dont une partie atterrit dans les centrales françaises ». Car, comme l’indique l’enquête, « 7 % » de la production kazakhe de ce minerai radioactif est géré par Orano, « entreprise spécialisée dans les combustibles nucléaires détenue par l’État français ». Elle détient ainsi « 51 % » de l’entreprise d’extraction Katco, cogérée avec l’État kazakh.

Bien qu’Orano soit « tenue, au titre de son devoir de vigilance, d’identifier les risques et de prévenir les atteintes graves à l’environnement résultant de ses activités et de celles de ses filiales », Vlast et Reporterre ont découvert que Katco avait déjà été condamnée deux fois par la justice du Kazakhstan : en 2017 pour « pollution environnementale » et en 2021 pour « irrégularités » concernant son stockage de l’acide sulfurique – un produit injecté dans les sols pour faire remonter l’uranium (technique appelée ISR).

Surtout, cette pollution radioactive semble se poursuivre au Turkestan. Deux échantillons d’eau destinée aux habitants ont ainsi révélé une concentration d’uranium « à la limite du seuil maximal recommandé par l’Organisation mondiale de la santé ». Si la cause pourrait être « d’origine naturelle » du fait des sols riches en minerai, commente un ingénieur en génie énergétique et nucléaire, « à mesure qu’on se rapproche de sites d’extraction d’uranium par ISR, de telles activités industrielles nuisent nécessairement à la qualité des eaux souterraines ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!