Trente ans après la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées, en 1996, la cohabitation entre éleveurses et prédateurs est-elle meilleure ? C’est la question posée par Mediacités Toulouse, qui dresse le bilan. Si 510 animaux domestiques ont été tués par l’ours en 2025, selon les déclarations transmises aux services de l’État, le média en ligne nuance ces chiffres : « Comparé à 2011, ce chiffre est en hausse de 190 %, mais, dans le même temps, le nombre d’ours bruns est passé de 23 à 108 (+ 369 %). Et depuis 2020, les pertes sont en baisse de 22,5 % malgré l’accroissement de la population ursine. »
Le nombre de victimes des ursidés n’est donc pas négligeable, mais les mesures de protection et d’accompagnement financées par l’État paraissent fonctionner. De même, les éleveurses continuent d’être indemnisées pour chaque perte signalée. Les élevages les plus touchés sont, par ailleurs, ceux qui peinent à s’adapter : « Les attaques sont amplifiées là où les brebis sont le moins bien protégées, constate un spécialiste. À titre d’exemple, en 2023, 80 % de la prédation se situait sur une poignée d’estives, où des moyens de protection efficaces ont tardé à être mis en place. »
Reste que les opposantes à l’ours sont toujours aussi virulentes, pointant notamment du doigt les chiffres officiels, qui oublieraient certains cas. Un paysan évoque ainsi les morts d’animaux dans des pâturages isolés ou pas toujours déclarés. Un autre affirme que les bêtes sautant dans le vide pour échapper à un ours représentent « le plus gros des dommages ». Surtout, ce dernier estime que les compensations financières ne peuvent suffire : « Je connais chaque brebis, sa mère, sa grand‐mère. Cela me fait mal quand on réduit notre travail à une question d’argent. »