Société

Pédopornographie ou vol de vaisselle à l’Élysée : au tribunal, deux salles, deux ambiances

Résumé écrit le

En filigrane de sa chronique judiciaire, le journaliste indépendant Emmanuel Denise raconte un deux poids deux mesures au tribunal correctionnel de Paris. Dans une première salle, un élu accusé d’usage et détention de vidéos pédopornographiques. Dans une seconde, une histoire de vol de très chères assiettes à l’Élysée.

Malgré la gravité des faits, l’affaire de pédocriminalité n’a attiré ni caméra ni journalistes. « La salle est vide », s’étonne l’auteur, pendant que « l’ancien directeur du parti Le Nouveau Centre-Les Centristes et conseiller municipal du XVe arrondissement » Nicolas Jeanneté conteste avoir téléchargé les vidéos retrouvées sur son téléphone et son ordinateur. « On y voit des enfants très jeunes, des bébés parfois, subir des actes innommables », euphémise le journaliste. Le centriste a beau nier, il est condamné « à dix-huit mois de sursis probatoire avec obligation de soin, l’interdiction de travailler en contact avec des mineurs pendant trois ans, mais [les juges] ne suppriment pas ses droits civiques. À l’heure actuelle, l’élu siège toujours au conseil de Paris. »

« Autre salle, autre ambiance  » : dans sa seconde partie, la chronique de Blast raconte les « dizaines de journalistes » présents, mais déçus, lors de l’audience des trois hommes accusés de vol et recel d’une centaine de pièces de vaisselle du palais présidentiel, restituées depuis. « On voulait pousser la porte de l’Élysée, on ne pousse rien du tout, on reste à la grille. C’est un vol finalement banal, un vol d’opportunité, comme on dit. » Cette fois, les prévenus reconnaissent les faits, pleurent et regrettent leurs actes. La procureure demandera quand même pour les voleurs « huit mois ferme, seize mois de sursis [...] et l’interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!