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Quand la science devient une cible politique

Résumé écrit le

Universités « en déficit », agences scientifiques « attaquées », chercheur∙euses et journalistes spécialisé∙es « délégitimés quasi quotidiennement par les politiques »... Dans leur entretien avec Bon Pote, deux des trois auteur∙ices du livre Le Moment orwellien (Seuil, février 2026) dressent un bilan de santé alarmant des sciences en France.

Dans leur ouvrage, coécrit avec l’historienne Emmanuelle Perez Tisserant, la chercheuse en sciences de l’environnement Tamara Ben Ari et l’astrophysicien Olivier Berné citent plusieurs débats récents, dont celui sur la loi Duplomb. Pour Tamara Ben Ari, les « rhétoriques anti-scientifiques » et le « bon sens » sont opposés à des « faisceaux de preuves cohérents et robustes ». C’est l’exemple même du phénomène de « deux-côtisme » dénoncé par les auteur∙ices : la volonté de « nombreux médias » d’opposer des arguments basés sur « des faits établis dans le temps par la communauté scientifique » à d’autres « qui défendent des intérêts ou des opinions ». La recherche d’un sacrosaint équilibre qui a pour effet de « légitimer des mensonges et des discours de haine », alerte la chercheuse.

Au-delà de ça, les auteur∙ices expliquent à Bon Pote certaines stratégies politiques de décrédibilisation des sciences. Iels font notamment le parallèle avec des concepts du roman dystopique 1984 de George Orwell. C’est le cas de la « double pensée, qui consiste à tenir simultanément deux idées contradictoires de façon consciente et à les accepter toutes les deux. [...] L’épisode du colloque sur la Palestine au Collège de France, interdit en novembre 2024 au nom de la liberté académique, [en] est une illustration parfaite ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!