Que vous habitiez en ville ou à la campagne, il y a de grandes chances qu’un club de foot amateur proche de votre quartier ou de votre territoire ait disparu dans les quinze dernières années. C’est l’objet de cet entretien avec les sociologues Williams Nuytens et Gabriel Dubois dans Transrural initiatives.
À travers leur enquête sociohistorique, publiée fin 2025, les deux chercheurs expliquent les raisons de ce phénomène. « Si, jusque dans les années 1970-80, il était courant pour les habitantes que les lieux de travail, de loisirs et de vie soient situés dans la même commune ou dans des communes limitrophes, ce n’est plus le cas. Associés à la montée en puissance des intercommunalités, c’est-à-dire aux pertes de pouvoir des communes, les clubs ont été contraints de fusionner. »
Williams Nuytens et Gabriel Dubois détaillent les multiples causes de ces fusions auprès de la revue trimestrielle. Notamment, « les disparitions des industries » alors que « les clubs ont toujours vécu en partie à travers des donations privées de ces entreprises ». De même, les exigences techniques de plus en plus élevées de la Fédération nationale ont induit plus de frais et d’obligations de formation des encadrants.
En résulte des clubs plus rares et éloignés de leurs joueurs, avec des exigences et « une gestion quasi professionnelle » qui conduisent au remplacement des membres ouvriers et employés par des personnes de plus en plus diplômées. Tout l’inverse du rôle historique des clubs de football comme lieux d’échanges et d’identification « accessibles aux classes populaires ».