« Favori de Milei » selon l’édition argentine d’elDiario, « allié de Trump » d’après Democracy Now !, « suivant les traces de Nayib Bukele, du Salvador » comme le craint Jacobin, Abelardo de la Espriella a été élu le 21 juin président de la Colombie. L’avocat pénaliste de 47 ans a remporté le scrutin « à l’issue du second tour d’une élection parmi les plus serrées depuis des décennies », précise elDiario AR. Un écart de seulement 300 000 voix a fait la différence entre de la Espriella et le candidat de gauche Iván Cepeda.
Désormais, une partie des Colombiennes et des observateurices s’inquiètent pour l’avenir. « De la Espriella incarne clairement une approche criminelle de la politique : mensonges, propagande, coordination et collusion avec le trafic de drogue, restriction des droits et blanchiment d’argent », accuse Manuel Rozental, un activiste colombien, sur le média états-unien Democracy Now !.
Militarisation et recul écologique
« Nous nous attendons à ce qu’il y ait des opérations militaires et une intervention des États-Unis sur le territoire national. Nous nous attendons à des violations des droits humains. Nous nous attendons à une militarisation », énumère le militant.
Le média indépendant elDiario s’inquiète de son côté de la fin de la politique de « paix totale » avec les groupes armés, portée par le gouvernement précédent de Gustavo Petro, qui s’était « soldée par un échec, faute d’accords définitifs et avec des groupes armés plus puissants qu’au début du processus ». Cette paix difficile risque de s’éloigner davantage encore avec l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite, qui a promis de « revenir à une approche militaire, en rupture avec les concessions des quatre dernières années ».
Une « forte résistance » de gauche
Dans la lignée de Donald Trump, De la Espriella porte aussi un programme de recul écologique flagrant. « Il a axé sa campagne sur le développement de l’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais, et a déclaré que le pays devait recourir “autant que possible à la fracturation hydraulique”, écrit Truthout. Sous la présidence de Gustavo Petro, la Colombie a interdit la fracturation hydraulique et est devenue le premier grand pays producteur de pétrole à suspendre l’octroi de nouvelles licences d’exploration pétrolière et gazière, se positionnant ainsi comme une référence pour les pays en développement qui cherchent à aligner leurs politiques économiques sur les objectifs climatiques », rappelle le média américain. Désormais, la Colombie pourrait prendre la direction inverse.
Mais pour mettre en place ces politiques rétrogrades, Abelardo de la Espriella devra surmonter ce que Jacobin appelle une « forte résistance ». Le média souligne que la « gauche colombienne, en termes de poids au Parlement et de soutien populaire, n’a jamais été aussi forte ». Alors, explique le magazine, « si le président élu tente de mettre en œuvre son programme radical, axé sur les coupes budgétaires dans le domaine social, la militarisation et l’extractivisme effréné, malgré sa légitimité électorale et sociale limitée, une forte résistance pourrait faire échouer au moins certains de ses projets. »
