« Je tiens à peine debout à ce moment-là. Je m’agrippe de toutes mes forces à la barre de l’accueil pour ne pas m’effondrer. » Auprès de Rue89 Strasbourg, Nassima, 29 ans, raconte, les larmes aux yeux, l’état critique dans lequel elle est arrivée à l’hôpital, le 26 novembre 2025. Alors qu’elle ne parvient plus à boire ni à manger à cause « d’un aliment bloqué dans son œsophage », c’est seulement au bout du troisième appel au Samu qu’on lui conseille de se rendre aux urgences.
Pourtant, à son arrivée à la clinique Sainte-Anne de Strasbourg (un établissement privé à but non lucratif), « l’hôtesse d’accueil réclame une pièce d’identité à [son mari] Khalid avant d’aller chercher sa responsable », qui refuse finalement de prendre en charge Nassima « car elle n’a pas de carte vitale ni de numéro de Sécurité sociale », indique le couple.
Malgré l’obligation pour les urgences de prendre en charge tous les patients, et en dépit de la proposition de Khalid de payer l’intégralité des frais, le refus est catégorique. « Et vous, vous en avez une au moins de carte vitale ? » demande même la responsable, d’après les dires de Khalid, alors « tétanisé ». Sa compagne sera finalement soignée dans un hôpital public. Reste qu’au-dessus du récit que livre Rue89 Strasbourg des dysfonctionnements manifestes d’un établissement de santé, une ombre plane : celle d’une discrimination qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.