Qu’ils réclament une forme d’autonomie ou leur pleine indépendance par rapport à l’État français, les partis régionalistes gagnent du terrain dans plusieurs territoires (Martinique, Pays basque, Bretagne, Kanaky-Nouvelle-Calédonie ou Corse). Si ces mouvements misent plutôt sur les élections régionales pour appliquer leurs idées, ils seront aussi présents aux élections municipales du 15 et 22 mars prochain, raconte Les Jours.
« Parce que c’est un échelon local et qu’ils entendent justement représenter un peuple ou une population ancrée dans un territoire », comme l’affirme le professeur en sciences politiques Vincent Laborderie ? Oui, mais pas seulement, selon des régionalistes interrogés par la journaliste indépendante Lola Breton. « S’y jouent des questions sur la langue basque, sur le transfrontalier, sur le logement, l’agriculture... L’enjeu, c’est d’avoir un maximum d’élus pour avoir une majorité [au conseil de] l’agglomération », détaille la porte-parole d’un parti basque. C’est aussi l’occasion d’obtenir « une assise locale pour percer ensuite », reconnait un autonomiste breton.
Comme pour lui, cet objectif incite certains candidats à s’allier avec des partis non-régionalistes. « Souvent, les alliances se font plutôt avec la gauche parce qu’elle est plus à l’écoute des volontés indépendantistes », constate Vincent Laborderie. Au-delà de leurs stratégies personnelles, la gauche comme les autonomistes et indépendantistes ont également tendance à s’allier entre eux pour ce scrutin : « Vu la montée des courants identitaires et la déferlante RN aux dernières législatives, il faut serrer les rangs, qu’on le veuille ou non », confie ainsi une figure d’un mouvement indépendantiste corse.