Société

En Pologne, les drones russes se moquent des hérissons antichars du Premier ministre

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C’est une intrusion russe inédite contre un pays de l’Otan. Ce mercredi 10 septembre, la Pologne a déclaré avoir abattu des drones militaires russes « hostiles » dans son espace aérien. Une première depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Loin de la cellule de crise de la capitale, dans la région de Podlachie au nord-est, la journaliste du média polonais Krytyka Polityczna s’exaspère. Paulina Siegień dormait lorsque tous les habitants de sa région frontalière avec la Biélorussie ont reçu une alerte sur leur téléphone portable. Elle s’en réjouit presque : « Cela m’a épargné la peur et la panique alimentées en ligne par la désinformation russe. Et puis, à quelle heure aurais-je dû me réveiller ? Aucun signal d’alarme n’a retenti. »

Aucune formation pour réagir en cas de guerre

La reporter spécialiste de la Russie se réjouit bien sûr que rien de grave ne se soit passé, mais une réflexion lui reste en tête. Elle n’aurait même pas su quoi faire si le conflit avait vraiment éclaté. « Même ici, [...] où les responsables politiques estiment que nous sommes confrontés à une guerre hybride depuis 2021, [...] aucune réunion d’information ni formation (par exemple pour les conseillers municipaux et les chefs de village) n’a été organisée pour nous apprendre la conduite à tenir », indique Paulina Siegień.

Dans ce récit à la première personne, la journaliste revient dans un monologue intérieur sur le manque de préparation du gouvernement de la Pologne face à la menace russe – malgré la barrière de « hérissons » antichars en béton en cours de construction à l’est du pays. C’est une analyse sur la politique de défense polonaise, oui, mais elle part d’un point de vue d’apparence banal à l’échelle des stratégies géopolitiques internationales : l’angoisse de la guerre et les rumeurs entre voisins vécues par une citoyenne comme les autres.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!