Économie et social

Six mois après le scandale, Capgemini continue ses affaires avec l’ICE

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365 millions de dollars. C’est le montant du contrat conclu entre la multinationale française de services informatiques Capgemini et « ICE », l’administration trumpiste en charge de l’immigration, pour collaborer à la traque des personnes migrantes. Nos confrères de l’Observatoire des multinationales avaient révélé l’existence de cette collaboration en janvier 2026, après l’assassinat d’une citoyenne, Renee Good, à Minneapolis par un fonctionnaire de l’ICE.

Que s’est-il passé depuis ? Suite à la controverse, la direction de CapGemini s’était défendue en prétendant que ce contrat – permettant la localisation d’individus en vue de leur arrestation – n’était pas « en cours d’exécution ». Et avait déclaré vouloir vendre leur filiale états-unienne. « Le 20 mai dernier, lors de l’assemblée générale annuelle du groupe à Paris, la direction avait indiqué, en réponse à certains actionnaires, que le processus de vente était en cours », rappelle l’Observatoire des multinationales. Or, fin août, la deuxième phase du contrat avec Capgemini a été activée par ICE, précise le média d’investigation. Celui-ci est donc bien en cours d’exécution.

« Pour couronner le tout, le contrat passé par Capgemini prévoit une rémunération indexée sur les résultats. Plus Capgemini aidera à déporter de migrants, plus l’entreprise touchera d’argent, à la manière d’un "chasseur de primes" ». Et toujours aucune nouvelle de la cession de la filiale en cause. En juillet, 65 000 personnes migrantes (ou présumées comme telles) étaient détenues par ICE, dont 70 % sans aucun casier judiciaire, alors que Trump assurait ne cibler uniquement que les immigrés « criminels ».

Un résumé de Ivan du Roy
Journaliste, co-rédacteur en chef et co-fondateur de Basta!