Au premier regard, la photo de groupe en Une de l’article de Parallèle Sud semble anodine. Elle illustre pourtant la diversité des difficultés vécues par les victimes du « dou », une nouvelle drogue de synthèse de plus en plus présente sur l’île de La Réunion.
Il y a Karine, qui raconte au média réunionnais comment elle a elle-même été tentée de tester cette drogue, dans l’espoir de comprendre son fils consommateur, avant de renoncer face aux hallucinations de ce dernier : « Aujourd’hui, je ne sais pas où il vit, il est SDF, je me sens complètement impuissante. » Il y a Fatima Lauret, médiatrice sociale à la maison des familles du quartier de Basse-Terre, à Saint-Pierre : elle témoigne des « jeunes mères de famille » appauvries par leur addiction, dont « les enfants sont retirés », mais qui sont elles-mêmes « abandonnées ». Puis, il y a Matthieu (anonymisé et coupé sur la photo), la quarantaine, lui-même devenu accro à plusieurs drogues, dont le dou. C’est Fatima qui l’a convaincu de raconter son histoire, afin qu’on arrête « de stigmatiser les personnes droguées ».
À travers ces témoignages, Parallèle Sud illustre la violence de ce « nouveau produit de synthèse » : le dou peut en effet provoquer une forte addiction « après quelques semaines seulement », forçant les usagers à s’endetter ou voler pour payer leurs doses très chères. Ces interlocuteurs critiquent par ailleurs les actions policières contre le trafic, limitées aux quartiers pauvres du sud de l’île, et l’absence de prévention. Pour Fatima Lauret, « il ne faut pas attendre que le feu brûle, malheureusement c’est déjà le cas ».