Économie et social

Une vaste enquête éclaire l’impact du travail précaire sur la santé des livreurs à vélo

Résumé écrit le

« L’enquête révèle un modèle économique fondé sur la précarité », résume Rue89 Bordeaux. Dans son analyse de l’étude inédite de Médecins du monde sur les conditions de travail des livreurs à vélo ou en scooter, le média local souligne surtout l’impact de ce métier sur leur santé. S’appuyant sur des entretiens menés en 2025 auprès de 1004 livreurs (« moitié à Paris, moitié à Bordeaux »), l’enquête confirme d’abord l’enjeu le plus connu de cette activité : « la majorité des livreurs ne choisissent pas ce travail, ils y sont contraints [car] "68 % n’ont pas de titre de séjour" ».

À défaut d’alternative, ceux-ci se retrouvent subordonnés à Uber Eats ou Deliveroo sans aucune protection sociale de leur part. L’étude décrit ainsi des conditions de travail « extrêmes ». La grande majorité travaillent six jours sur sept et 63 heures par semaine, pour un salaire moyen de « 1480 euros brut par mois ». Certains doivent en soustraire la moitié pour payer la personne régularisée qui loue son compte : il ne leur reste parfois pas assez pour manger tous les jours, rapporte Rue89 Bordeaux.

À cela s’ajoutent les conséquences physiques (fatigue constante, mal de dos, troubles urinaires ou encore accidents de la route) et les violences verbales et physiques auxquelles ils sont régulièrement confrontés. « Les discriminations sont également présentes : près de six livreurs sur dix en ont subi, souvent liées à la couleur de peau ou à l’origine. » Sans surprise, ce cocktail explosif a des conséquences sur leur santé mentale : près d’un livreur sur deux « présentent des symptômes de dépression ».

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!