Après celle de mai, la seconde vague de chaleur de 2026 est encore plus intense. Du 17 au 27 juin, l’ensemble du territoire français a été frappé par « un épisode caniculaire étendu, durable et intense », comme le décrivait un communiqué de Météo-France le 23 juin.

De nombreux records de chaleurs historiques ont été mesurés par l’organisme public. Les mercredi 24 et jeudi 25 juin sont devenus les deux journées les plus chaudes « jamais enregistrées en France » depuis 1947, avec 30 °C de température moyenne sur 24 heures (jours et nuits compris). Durant la même semaine, le mercure a même dépassé les 40 °C en Île-de-France, en Nouvelle-Aquitaine et dans le nord-ouest du pays, atteignant notamment jusqu’à 43 °C dans le Cher, les Landes ou la Charente.

Bien que les températures soient de nouveau raisonnables en France depuis le 27 juin, la vague de chaleur s’est déplacée vers le nord-est du continent et perturbe désormais l’Europe centrale et orientale.

D’une canicule historique à une crise politique

Au pic de cet épisode, les prévisions de Météo-France estiment que le thermomètre a dépassé les 40 °C « sur 20 % du territoire ». Pour le service météorologique, « cette vague de chaleur sera tout à fait comparable en sévérité avec celle d’août 2003 », qui avait provoqué la mort de près de 15 000 personnes.

De quoi mettre le gouvernement sous pression, peu de temps après la crise liée au meurtre de Lyhanna. Depuis le 20 juin, le Premier ministre a activé une cellule interministérielle de crise pour gérer la canicule.

Aux températures suffocantes, s’ajoutent la multiplication des départs de feux de forêts, une sécheresse durable des sols et une hausse du nombre de noyades. Le gouvernement doit ainsi faire face à une vague de critiques. L’opposition de gauche dénonce son inaction face au réchauffement climatique, notamment l’absence de mesures d’adaptation des établissements de santé et de l’Éducation nationale, tandis que se poursuivent les épreuves du bac général jusqu’en juillet.

Le reste de l’Europe suffoque aussi

Cette vague de chaleur frappe ailleurs, et en particulier l’ouest de l’Europe et du bassin méditerranéen. Après la France, l’Espagne est le pays le plus touché, avec plusieurs zones classées sous alerte « danger extraordinaire ». De fortes températures perturbent également le Portugal, l’Italie, la Suisse, ou encore le Royaume-Uni.

« Londres est en train de cuire », a d’ailleurs témoigné le 23 juin le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, invité dans la capitale anglaise pour la Semaine de l’action climatique. Il y a surtout rappelé la cause principale de cette canicule européenne : les énergies fossiles, largement responsables du réchauffement climatique. Comme l’atteste Météo-France, sur les 52 vagues de chaleur françaises enregistrées depuis 1947, « deux tiers d’entre elles se sont produites depuis le début du 21ᵉ siècle. »