Après les mobilisations paysannes de 2024, la colère des agriculteurs éclate à nouveau. Lundi 15 décembre, de nombreuses manifestations et blocages de routes par des tracteurs ont essaimé pour réclamer un changement de stratégie du gouvernement face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui touche les bovins. En cause : sa politique d’abattage de l’intégralité des troupeaux d’une ferme en cas de découverte d’un ou plusieurs cas.
Cette maladie, non transmissible à l’humain, a été détectée en France « pour la première fois, le 29 juin 2025 en Savoie », indique le ministère de l’Agriculture. Entre ce premier cas et le 14 décembre, le gouvernement rapporte qu’un total de « 113 foyers ont été détectés », en particulier en Haute-Savoie (44 foyers), en Savoie (32) et dans les Pyrénées-Orientales (21).
Une petite ferme à l’origine de l’embrasement
Mais c’est un cas de contamination dans le Doubs qui a mis le feu aux poudres, début décembre. Après la découverte d’une vache contaminée dans une ferme du village de Pouilley-Français, l’éleveur et l’éleveuse concernées refusent l’euthanasie de leurs 82 vaches pourtant vaccinées, rapporte Basta. Face à la mobilisation de plus de 300 agriculteurs, le 2 décembre, des heurts éclatent entre manifestants et gendarmes. Le 11 décembre, une nouvelle confrontation plus médiatisée avec les forces de l’ordre a lieu dans une ferme de l’Ariège, et « la contestation se répand à travers la région » durant le week-end, raconte L’Humanité. Comme en 2024, l’Occitanie devient l’épicentre de la colère agricole.
Une semaine plus tard, les mobilisations « débordent désormais largement le Sud-Ouest, avec des rassemblements en Moselle, en Isère et dans la Manche », rapporte Reporterre. Malgré l’annonce, le 17 décembre par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, d’une « accélération de la vaccination des bovins dans le Sud-Ouest », le gouvernement n’a pas changé sa politique d’abattage et les blocages persistent. Car, comme l’indique Reporterre, la DNC n’est qu’une des sources du malaise agricole : « grandes difficultés économiques de la filière, traité Mercosur honni, budget de la PAC attaqué... »
