C’est une cascade de chiffres qui démontre le caractère hors norme de l’incendie en cours en Gironde (Nouvelle-Aquitaine). Depuis le 22 juillet, un feu de forêt parti de la commune de Saumos se propage entre Bordeaux et l’océan Atlantique. Au total, la préfecture estime que les flammes ont dévasté 42 000 hectares, selon un bilan communiqué le soir du mardi 28 juillet. Soit l’équivalent de quatre fois la superficie de Paris.
Si l’on ne compte heureusement aucune victime pour le moment, les services de l’État dénombrent 240 habitations détruites et 220 000 personnes évacuées, dont une partie de façon préventive. En revanche, 110 sapeurses-pompieres ont été blessées depuis le début des interventions, sur les 2700 dépêchées depuis toute la France. L’État a par ailleurs mobilisé 1500 soldates de l’armée, 1440 gendarmes et policieres, ainsi que 23 moyens aériens (dont plusieurs envoyés par l’Union européenne). Les agriculteurices et les entreprises du secteur du bâtiment apportent également leur aide grâce aux réserves d’eau et aux engins dont ils disposent.
Des flammes « à 15 kilomètres » de la métropole de Bordeaux
Après bientôt une semaine de lutte, les autorités ont annoncé de premiers signes d’accalmie. Lundi 27 juillet, le ministre de l’Intérieur a indiqué que l’incendie était « stabilisé » mais pas « fixé ». Le même jour, le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Gironde rapportait « moins de foyers actifs » que la veille. Le Sdis reste toutefois prudent, car la situation évolue vite : du 25 au 26 juillet, les flammes ont parcouru plus de 10 000 hectares en une seule nuit.
Le feu est par ailleurs dangereusement proche de la métropole de Bordeaux : le 26 juillet, les flammes étaient à environ « 15 km » de cette zone urbaine de 855 000 habitants, estimait le maire bordelais Thomas Cazenave. Bien que l’incendie restait « actif » le 28 juillet, la préfète de Gironde a annoncé que 66 000 habitant∙es de trois communes de cette métropole ont pu rentrer chez eux.
Des craintes face aux fumées et à la canicule
Autre enjeu de ce mégafeu : les fumées toxiques dégagées par les flammes. L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a annoncé le 28 juillet que les seuils d’alerte aux particules fines ont été dépassés en Gironde, dans les Landes et le Lot-et-Garonne. Pour y faire face, l’État a acheminé 2,5 millions de masques FFP2, distribués en priorité aux personnes les plus vulnérables.
Un incendie inédit pour un été inédit : selon le gouvernement le 27 juillet, 116 085 hectares ont brûlé durant les sept premiers mois de 2026. Ce bilan dépasse largement le record annuel de 66 300 hectares, en 2022. La quatrième canicule de l’année, attendue à partir du mardi 28 juillet, pourrait encore aggraver la situation.
