Les résultats sont tombés depuis la fermeture des bureaux de vote dans les 35 000 communes françaises. Pour le premier tour des élections municipales 2026, dimanche 15 mars, la principale leçon semble être celle d’une abstention plutôt en hausse.

Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur, la participation finale de ce premier tour a atteint 57,1 % des près de 49 millions d’électeurices inscrites. Ce nombre a beau être en hausse par rapport aux précédentes municipales d’il y a six ans (+12,5 %), on ne peut pas vraiment se réjouir : organisées deux jours avant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, celles-ci avaient été fortement perturbées. Ainsi, le premier tour du scrutin de 2026 marque une baisse de la participation par rapport à celui de 2014 (-6,4 %) et se classe comme le deuxième pire taux des municipales de la Vᵉ République, derrière 2020.

Résultats, fusions et retraits annoncés dans les métropoles

Pour les dix plus grandes villes françaises, voici les listes qualifiées pour le second tour (au moins 10 %) et leurs résultats officiels, communiqués par le ministère de l’Intérieur. Certaines informations sont amenées à évoluer selon les annonces de l’entre-deux-tours (dernière mise à jour le 18 mars vers 13 heures).

  • Paris : le candidat du parti socialiste sortant à la tête d’une liste d’union des gauches Emmanuel Grégoire arrive en tête avec 38 % des voix. Derrière lui, la candidate de droite et ex-ministre de la Culture Rachida Dati (LR) obtient 25,5 %. Trois autres candidats se qualifient également : Sophia Chikirou (LFI) avec 11,7 %, Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) avec 11,3 %, et Sarah Knafo (Reconquête !) avec 10,4 %. Pour le second tour, les listes de droite et du centre ont annoncé fusionner, tandis que la liste d’extrême droite se retire.
  • Marseille : le maire sortant et candidat d’une liste d’union des gauches Benoît Payant (PS) arrive en tête avec 36,7 %, suivi de très près par le candidat d’extrême-droite Franck Allisio avec 35 % des voix. Loin derrière, deux candidats se qualifient au second tour : Martine Vassal (LR) avec 12,4 %, et Sébastien Delogu (LFI) avec 12 %. Pour le second tour, la liste insoumise annonce son retrait face au refus de la liste d’union des gauches de s’allier.
  • Lyon : le maire sortant et candidat d’une liste d’union des gauches Grégory Doucet (Écologistes) arrive en tête avec 37,4 % des voix, suivi de très près par le candidat de la droite et du centre Jean-Michel Aulas (divers centres, ex-patron de l’Olympique Lyonnais) avec 36,8 %. Loin derrière, la candidate de gauche Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) se qualifie avec 10,4 %. Pour le second tour, les deux listes de gauche ont annoncé fusionner.
  • Toulouse : le maire sortant et candidat d’une liste d’union de la droite et du centre Jean-Luc Moudenc arrive en tête avec 37,2 % des voix. Deux candidats de gauche se qualifient pour le second tour : François Piquemal (LFI) avec 27,6 %, suivi de près par le candidat d’une liste de gauches unies François Briançon (PS) avec 25 %. Pour le second tour, les deux listes de gauche ont annoncé fusionner.
  • Nice : le candidat d’extrême droite Éric Ciotti (UDR-RN) arrive en tête avec 43,4 % des voix, suivi par le maire sortant et candidat centriste Christian Estrosi (Horizons) avec 30,9 %. Loin derrière, la candidate d’une liste d’union de la gauche Juliette Chesnel-le-Roux (Écologistes) se qualifie au second tour avec 11,9 % des voix.
  • Nantes : la maire sortante et candidate d’une liste d’union des gauches Johanna Rolland (PS) arriverait en tête avec 35,2 % des voix, suivie de près par le candidat d’une liste d’union de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe (LR) avec 33,8 %. Loin derrière, le candidat de gauche Wiliam Aucent (LFI) se qualifie au second tour avec 11,2 % des voix. Pour le second tour, les deux listes de gauche ont annoncé fusionner.
  • Montpellier : le maire sortant et candidat d’une liste d’union des gauches Michaël Delafosse (PS) arrive en tête avec 33,4 % des voix. Loin derrière, deux autres candidats se qualifient pour le second tour : Nathalie Oziol (LFI) avec 15,4 %, et l’homme d’affaires Mohed Altrad (divers centres) avec 11,3 %.
  • Strasbourg : l’ex-maire et candidate de gauche Catherine Trautmann (PS) arrive en tête avec 25,9 % des voix, suivie de près par le candidat de droite Jean-Philippe Vetter (LR) avec 24,2 % des voix. De son côté, la maire sortante et candidate de gauche Jeanne Barseghian (Écologistes) obtient 19,7 % des voix. Un quatrième candidat se qualifie pour le second tour : Florian Kobryn (LFI), avec 12 %. Pour le second tour, les listes des Écologistes et de LFI ont annoncé fusionner, de même la liste des Socialistes et des centristes du parti Horizons (5,1 %)... malgré l’appel du parti à voter pour la liste LR.
  • Bordeaux : le maire sortant et candidat d’une liste d’union des gauches Pierre Hurmic (Écologistes) arrive en tête avec 27,7 % des voix, suivi de près par le candidat d’une liste d’union de la droite et du centre Thomas Cazenave (Renaissance) avec 25,6 %. Un autre candidat se qualifie pour le second tour : Philippe Dessertine (divers centres) avec 20,2 % des voix. Pour le second tour, ce dernier n’a finalement pas déposé sa liste, bien qu’il ait refusé de s’allier à la liste de Renaissance.
  • Lille : le maire sortant (remplaçant l’ex-maire Martine Aubry ayant démissionné avant la fin de son mandat) et candidat de gauche Arnaud Deslandes (PS) arrive en tête avec 26,3 % des voix, suivi de près par la candidate de gauche Lahouaria Addouche (LFI) avec 23,4 %. Trois autres candidats se qualifient pour le second tour : Stéphane Baly (Écologistes) avec 17,7 %, Violette Spillebout (Renaissance) avec 11,1 %, et Matthieu Valet (RN) avec 10,9 %. Pour le second tour, les listes des Socialistes et des Écologistes ont annoncé fusionner.

Le RN veut s’allier à la droite ; le PS refuse l’union nationale avec LFI

À droite comme à gauche, les candidats ont jusqu’au mardi 17 mars, 18 heures, pour confirmer ou non des fusions ou retraits de listes avant le second tour. Seules les listes ayant atteint au moins 5 % des voix peuvent prétendre fusionner avec une liste qualifiée pour cet ultime vote.

À peine les premiers résultats connus, les chefs de partis ont formulé leurs consignes de vote. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a dit « tendre la main aux listes de droite sincère », appelant de fait les partis de droite et leurs électeurs à s’allier et/ou voter pour des candidat∙es RN au second s’iels sont mieux placés pour gagner.

Face à ce risque, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a réitéré sa stratégie électorale en refusant un « accord national » entre son parti et La France insoumise. Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a appelé les « autres listes » à former « un front antifasciste » face à « la droite et l’extrême droite ». Malgré les tensions nationales, plusieurs listes locales PS et LFI ont pourtant réussi à se mettre d’accord, notamment à Toulouse, Lyon, Strasbourg, Nantes ou Limoges. À Paris et Marseille, les listes d’union de la gauche menacées par la droite et l’extrême droite ont toutefois refusé de s’allier aux listes insoumises.

Un second tour prévu le 22 mars

Pour rappel, ces élections municipales sont un scrutin en deux tours (15 et 22 mars) où les électeurices votent pour une liste de candidats au conseil municipal de leur ville. Iels sont élus pour six ans. Ces conseils élisent ensuite une maire à la majorité. Depuis cette année, les habitants de Paris, Lyon et Marseille votent également pour les élus du conseil (et indirectement le ou la maire) de leur arrondissement.

Si aucun candidat n’est élu au premier tour avec plus de 50 %, un second tour est organisé entre les candidats ayant obtenu plus de 10 % des voix. N’ayant qu’une seule liste inscrite pour ce scrutin, au moins 68 % des communes françaises ont ainsi élu un∙e maire au premier tour.