« Agoralim, c’est le Stade de France du Val-d’Oise et de Goussainville », promet le préfet du Val-d’Oise, Philippe Court, cité par Le Chiffon . Le journal tire pourtant un portrait moins glorieux de ce projet de nouveau marché de produits agricoles, initié en 2021.
L’intérêt avancé ? Désengorger le plus grand marché de gros du monde qu’est Rungis avec ses 234 hectares, grâce à ce second « pôle logistique de 175 hectares, promettant la création de 4 000 à 5 000 emplois, installé sur quatre communes [du Val-d’Oise] : Bonneuil-en-France, Roissy, Gonesse et Goussainville ». Le projet est porté par la société gestionnaire du marché de Rungis, la Semmaris. Premier problème : la commune de Goussainville est la seule sur laquelle le projet est « en voie de concrétisation, d’ici à 2028, les autres ne remplissant pas les conditions fixées. »
Ligne après ligne, le « petit rat » (comme se surnomme le journal) contrebalance les promesses de la Semmaris. Agoralim promet de « travailler avec les populations locales et les entreprises du territoire » ? Une source proche du dossier indique que le projet vise aussi à « capter les flux alimentaires transcontinentaux ». Ce nouveau marché misera sur « l’agro-écologie » grâce aux circuits courts ? Le statut de « projet d’intérêt général » d’Agoralim permet de contourner les règles d’artificialisation de parcelles agricoles.
Si Le Chiffon reconnaît que la concertation locale « n’a pas fait émerger de contestation frontale » du projet, les nuances formulées sèment le doute sur son bien-fondé. Sans compter que sa réalisation implique l’expropriation de « près de 200 habitants ».