« Les tentes se montaient au fur et à mesure que la nuit avançait. » Le 16 octobre, des centaines de manifestants ont installé un campement dans le centre de Lisbonne, au Portugal, pour protester contre la crise du logement dans le pays.
Des jeunes poussés vers la précarité
Parmi les campeurs se trouvait Sara, qui témoigne dans le média portugais Lisboa Para Pessoas : « J’ai décidé de planter ma tente ici car les conditions de logement à Lisbonne sont impossibles. Nous, les jeunes, sommes poussés vers la précarité et on n’en peut plus. Nous sommes révoltés et on veut le montrer. Nous sommes ici non seulement pour défendre notre propre situation mais aussi pour défendre le droit au logement pour tous. »
En Italie, « la répression ne suffit pas »
Le campement a été démantelé par la police mardi 20 octobre. Mais le mouvement, lui, est parti pour durer. Alors que les mobilisations lycéennes et étudiantes se poursuivent en France, que les manifestations ont débordé le 17 octobre à travers le pays et que les images de pillages font le tour des médias internationaux, ailleurs en Europe, des jeunes prennent aussi la rue. Des manifestations et des affrontements avec la police ont, par exemple, eu lieu en Italie le week-end dernier. « Des occupations étudiantes et blocages d’autoroutes dans le sud aux émeutes de Milan : l’Italie est dans la tourmente », écrit DinamoPress.
« Le 16 octobre, des milliers d’étudiants sont descendus dans la rue dans toutes les villes italiennes du nord au sud. Des occupations de lycées avaient déjà commencé à Turin, Bologne, Milan, Rome et Naples pendant une semaine. En Calabre, dans les Pouilles et aujourd’hui aussi en Campanie, il y a eu des piquets de grève et des blocages de la circulation depuis des jours. Dans de nombreuses villes, des tracteurs ont rejoint les cortèges étudiants, les parents, les fils et les filles qui défilent contre le gouvernement. Non seulement les banlieues du nord mais aussi les zones périphériques du sud de l’Italie explosent », poursuit le média italien, qui ajoute : « La répression ne suffit pas et le gouvernement Meloni risque de faire face à une convergence de luttes qu’il ne peut plus contenir. »
En Albanie, la jeunesse veut la démission du Premier ministre
Plus à l’est, la jeunesse fait aussi vaciller le pouvoir en Albanie. Le mouvement dit des Flamands roses est né il y a plusieurs mois, d’abord contre un projet immobilier de luxe lié au gendre de Donald Trump et qui menaçait une zone naturelle. Depuis, la mobilisation a pris de l’ampleur dans la jeunesse, et ses revendications se sont étendues. Dans la capitale, Tirana, des milliers d’étudiants et de lycéens ont manifesté pendant des jours pour exiger la démission du Premier ministre Edi Rama, dénoncer la corruption des politiques – au gouvernement comme dans l’opposition –, le coût des études et les conditions déplorables dans les universités.
Dans la rue, « ils affrontent la police à coups de cocktails Molotov, de pierres et d’autres projectiles. La police a riposté avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc », rapporte le Balkan Insight. Le chef du gouvernement albanais a répondu à ces mobilisations par le déni et des accusations sans preuves. « Le Premier ministre Edi Rama a accusé certains jeunes manifestants d’être des extrémistes idéologiques » et d’être manipulés « par des services de renseignement étrangers, alléguant que la Russie et l’Iran cherchaient à déstabiliser l’Albanie. Il n’a présenté aucun élément concret à l’appui de ces allégations », pointe Balkan Insight dans un autre article.
Le média britannique The Guardian a rassemblé des images de ces protestations qui se multiplient à travers l’Europe. D’un pays à l’autre, les motifs se ressemblent : des manifestants face à la police, d’autres qui courent sous les lacrymos ; des voitures et des vélos qui brûlent ou carbonisés ; et aussi des vitres brisées, des magasins éventrés, pillés.
